Anne-Marie Pascoli

Biographie

Anne marie Pascoli

« La direction du temps est cette équilibration des chose. »

Carlo Rovelli « Trous Blancs »

Un parcours

Petite biographie

Anne-Marie Pascoli a suivi, enfant et adolescente, une formation complète en danse classique au Conservatoire de Grenoble. Jeune adulte elle se tourne vers la danse contemporaine et se forme auprès des nombreux chorégraphes qui constituent l’extraordinaire vivier des années 80, à Lyon, Paris mais aussi New-York et Boston.

Sur cette même période et après un bac scientifique, elle entreprend des études de Biologie, motivée déjà par son intérêt pour la matière vivante, la cellule en particulier.

En licence, elle bifurque vers des études de psychomotricité, portée par la nécessité d’une compréhension plus globale, holistique, de l’être humain. Après avoir obtenu son diplôme, elle travaille deux années en hôpital de jour à Lyon.

Suite à cette première expérience professionnelle, et malgré la richesse de celle-ci, la danse et la création artistique s’imposent dans sa vie.

Une étape déterminante sera franchie en 1987 lors de la création d’un premier duo : « La forteresse est habitée », qui la propulse sur la scène professionnelle de la danse contemporaine grenobloise ; puis avec la création de sa propre compagnie en 1989 qui augurera trente années de recherche autour du mouvement, de créations chorégraphiques en tournées, d’explorations du sensible.  

Tout au long de sa carrière et encore aujourd’hui, sa fascination pour « La Matière* » restera un fil conducteur puissant. Dès l’origine de celle-ci elle rencontre, étudie, met en œuvre des approches du mouvement telles que : la Méthode Feldenkrais, l’Eutonie, le Tai Chi, la physiologie et l’analyse du mouvement, le Body Mind Centering et la pratique de la méditation.

En 1999 pour la création de « La stratégie de la Taupe » elle explore avec les danseurs de la compagnie pendant plus de huit mois à raison de plusieurs heures par jour, une danse sans la vue. Cette exploration de l’intériorité comme source du mouvement, transformera de façon définitive sa perception et sa manière d’aborder la création. L’Authenticité de la démarche ira jusqu’à l’espace scénique, où les danseurs évolueront en aveugle.

En 2006, le Guling Theater à Taipei qui travaille avec une compagnie de danseurs comédiens non-voyants, a vu sur internet « La stratégie de la taupe », il invitera Anne Marie et les danseurs de la compagnie à Taiwan pour travailler et créer avec eux. Cette étape fut une plongée de plus dans les profondeurs de l’écoute, du toucher, du contact, et du mouvement authentique, comme langages au cœur de la relation à l’autre.

Très tôt elle ouvre ces espaces de l’intime aux autres, via sa démarche de transmission et de pédagogue. Elle ne cessera d’affiner des propositions associant explorations du mouvement dansé improvisé et systèmes du corps. Ouverts aux professionnels comme aux amateurs, ses stages ont déroulé pendant 20 ans une plongée dans l’anatomie et la physiologie du corps au service de l’émergence du mouvement conscient et créatif ; aussi bien dans la singularité et la diversité de chacun que dans la dimension collective. Cet alliage perceptif de la matière, ne dissociant pas connaissances scientifiques, pratiques, ressentis et expressions, fut autant pour elle un chemin de transmission que d’expérimentation d’une richesse inouïe**.

En 2000, et en parallèle de son propre travail de création, elle cofonde « Cité Danse », collectif et espace alternatif de rencontres artistiques, pour ouvrir, nourrir, partager la diversité des démarches créatives. Accueillis dans l’intimité du studio de travail de sa propre compagnie, ce seront plus de 1400 artistes qui viendront s’offrir à un public convié à être acteurs de leur regard. Echanges, diversités des approches, débats, pratiques collectives, furent pendant 20 ans une ouverture réflexive incroyable sur le paysage chorégraphique et les champs artistiques associés. Ce fut aussi une volonté politique affirmée, d’indépendance et de liberté, créant de la proximité entre artistes et publics hors des structures conventionnelles.

C’est ce même désir d’ouverture et celui d’un corps engagé dans son environnement, qui la pousse à amener la danse dans des espaces non dédiés. Dès 1999 c’est l’aventure du « In Situ » et la naissance de créations chorégraphiques en prise directe et sensible avec un lieu : un paysage, un jardin, une histoire, une œuvre, une bibliothèque, un cimetière, une église, une ruine, un musée, un hôpital, un Ehpad… 40 créations de « porosité » avec l’extérieur et l’émergence du concept « d’inextérieur ».

Quand elle intègre la formation continue d’ostéopathe à Paris en 2009 c’est avec l’évidence d’une continuité dans sa vie, celle d’un retour au soin.  C’est après avoir « beaucoup sillonné les vastes territoires de sa propre perception*** » qu’elle s’engage dans cette voie, diminuant progressivement les réalisations artistiques pour aller vers une pratique clinique de l’ostéopathie pleine et entière. Elle chemine depuis, accompagnée par les fondateurs* de cette merveilleuse médecine et philosophie du vivant, par toutes celles et ceux qui l’ont préservée, nourrie, transmise et qui continuent le chemin. L’ostéopathique dite « Biodynamique » est au cœur de sa pratique, mais l’ostéopathie n’est-elle pas « par essence » biodynamique, dès lors que son fondateur, Andrew Taylor Still inventait une médecine non séparée des forces de santé et de guérison propres à chaque être vivant. Et puis et surtout, elle chemine grâce à chaque patient qui, chaque jour, l’enseigne sur ce qu’elle ignore, portée par l’ostéopathie, comme l’enfant que réenchante le vivant.

………………………………………………………………………………………………………..

*Matière : A la fois dans sa dimension de « substance constituant les corps, douées de propriétés physiques, de structure de la matière, de substance particulière dont est faite une chose et connaissable par ses propriétés » ; mais aussi dans sa « dimension polyphonique des choses, sans cesse modelée par l’immense diversité des processus créatifs empruntés par ce qui est)

**Témoignage suite à un stage avec Anne Marie Pascoli : « Comment la danse parle à un ostéopathe ». Témoignage : Cliquez ici

***« les frontières du vivant et du non-vivant et l’unité de la nature » Emmanuel Roche DO ostéopathe à Dijon depuis 1990, Président de la SOFA, Société-Ostéopathique-Franco-Américaine.  http://s-o-f-a.fr et Membre de l’Osteopathic Cranial Academy américaine. https://cranialacademy.org/

Retour en haut